NIME_039_INQUISITION_Into the infernal regions of the ancient cult

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Par ONCLEGUUD le 20 Juin 2008

INQUISITION est une formation de Black Metal véritablement culte – enfin un groupe qui mérite ce statut. INQUISITION est un duo culte, INQUISITION est un combo qu'aucun amateur de Black Metal ne peut ignorer. Ces mecs sont des dieux. Voilà ma chronique est terminée.

Nan, mais je pourrais terminer là, car c'est suffisant. Leur Black Metal si singulier, unique en son genre, est tellement bon que je pourrais m'arrêter là et vous envoyer chier. Ce statut leur est reconnu. Depuis 2004, No Colours Records l'a bien compris et c'est pour cela qu'ils produisent ou re-produisent tout ce que conçoit le combo colombien expatrié aux States. INQUISITION est une bande aujourd'hui incontournable en matière de Black Metal. INQUISITION, pour moi, est le SLAYER du Black Metal. Pourquoi qu'il est culte "boubourse" ? Y'a plein de raisons. Au commencementt, en 1988 (!) quand nos garçons vivaient encore en Colombie, ils pratiquaient un Thrash technique à la Kreator. Puis les jolies USA ont attiré Dagon en 1996 pour je ne sais quelles raisons. Aujourd'hui, ces mecs habitent non loin d'un autre combo fabuleux plus récent, WOLVES IN THE THRONE ROOM. Mais bon on s'en fout. Comme tu l'auras compris cher lecteur, INQUISITION est un vieux de la vieille, qui a eu la révélation du Black Metal en posant ses valises chez l'Oncle Sam. C'est donc logiquement que petit à petit, dans les années 93-94, la formation se forge une nouvelle identité (la « Mystical Dark Violence » comme ils l'ont baptisée) pour enfin sortir, en 1998, son premier full-lenght dont il est ici question, « Into the Regions of the Ancient Cult »... Un travail qui portera ses fruits.

Car c'est avec celui-ci qu'INQUISITION va se faire d'emblée connaître, bien que difficilement. Sorti il y a dix années maintenant, ce missile produit par le Colombien Sylphorium Records (bien entendu réédité depuis par No Colours Records en double LP) ne contient que des Hymnes du groupe. De plus et comme à son habitude, INQUISITION nous propose un objet à la pochette affreuse et kitsh – faudra vous y faire – mais surtout, surtout, un Black Metal on ne peut plus efficace, développant un immense Enfer mental à l'aide d'une personnalité imposante, comme je n'arrête pas d'essayer de vous le graver dans les neurones. Cette identité est le reflet des deux personnes qui ont forgé ce culte : Dagon et Incubus - qui tournent en l'état, à deux seulement, lorsqu'ils font des concerts !

Incubus, c'est le batteur. Un batteur qui doit s'enfiler des lignes de coke à chaque enregistrement certainement, car il développe une énergie ahurissante, une puissance, une lourdeur incomparable. Non, ça ne bourrine pas à tout va, loin de là et au contraire; non il n'en met pas plein la vue, mais à l'écoute, on sent ce mec survolté, possédé par le rythme, possédé par la Haine, le Mal et le Satanisme, dernier trait de caractère inéluctable quand on parle d'INQUISITION. Un Satanisme dont font grandement preuve les deux membres, qui sont de véritables croyants – cette adoration est le thème central de tous leurs skeuds. Leur zèle affiché fait donc aussi parti du culte. Voilà, Incubus est un tueur au feeling incroyable, à la justesse affolante. Un des meilleurs batteurs au monde, en complète phase avec Dagon. Dagon qui lui, s'occupe du reste : basse, guitare et voix. Et là aussi, ça fait très mal. Ce poète de Satan possède lui une voix et un timbre uniques dont il use assez étrangement : il ne chante pas, mais déclame. Je ne lui connais aucun équivalent. Dagon scande, prononce des incantations, lance des imprécations d'une voix de corbeau, d'une voix éteinte, sans joie, sans vie, proprement d'outre-tombe. U-NIQUE. Difficile de vous décrire autrement comment elle est, mais elle est un peu comme ça, et réverbérée par dessus le marché, effet dont j'apprécie grandement l'impact en Black Metal. Jamais Dagon n'hurle : il déclame. Impressionnant, car ça fonctionne à merveille.

Cet aspect ajouté à ses riffs purement blasphématoires, vous obtenez un Black Metal respirant l'Occulte le plus noir et cosmique, le Satanisme et les tombeaux poussiéreux et ouverts. Et encore, je ne vous ai pas tout dit, notamment des compositions et du style et du jeu si caractéristique de Dagon... Je pourrais noircir des pages sur INQUISITION tant il y a à dire sur cette entité. « Into the Infernal Regions of the Ancient Cult » est un album énorme, long de 66:06 minutes (fallait le faire !) La réédition vynile rajouta encore quatre titres, blindant le format. Je vous ai dit comment Incubus tapait ses fûts : avec une conviction et un dynamisme non feints. Au rendu, la batterie sonne très live et organique, avec une caisse claire un peu distendue et sonnant quelque peu « carton ». La production en elle-même est chaude comme l'Enfer, nullement glaciale. La guitare de Dagon est elle une tronçonneuse à metal qui remue les tripes dans lesquelles elle fouille sans remords. Les accords et riffs caractéristiques de Dagon sont insidieux, anciens et sinueux comme un serpent, avec une grosse dose de mélancolie. La haine en transpire plus qu'elle n'agresse... Le jeu de Dagon ressemble d'ailleurs quelque peu à celui d'Andrew Harris de JUDAS ISCARIOT, si je peux l'imager sans trop de blasphème. La basse qu'il fait rouler derrière est parcimonieusement présente, gonflant l'atmosphère ou soutenant le rythme avec justesse. Enfin, la voix : Maître Corbeau aux dix paquets de gitane par jour vous salue bien bas. Dagon est un sorcier du sang, cela s'entend (notamment sur la mid-tempo, très processionnaire « The Initiation »). Enfin, pour ce qui est des compositions, l'un des attraits d'INQUISITION est qu'il propose des pistes variées, aux plans s'alternant, s'alambiquant de manière ingénieuse. On ne s'ennuie jamais à leur écoute, avec comme l'impression qu'elles durent des heures tant elles sont éclectiques : un peu comme si chaque chanson était composée de plusieurs autres. De plus, des samples bien choisis de films des années 50 parsèment l'opus, rajoutant à l'ambiance diabolique du missile.

« Into the Infernal Regions of the Ancient Cult » s'ouvre sur un sample justement, extrait d'une production de la Hammer certainement et qui nous plonge dans le bain sanguinaire d'entrée. Déboule ensuite le monstrueux « Unholy Magic Attack », par lequel INQUISITION nous démontre toute l'étendue de son talent, de sa maîtrise et de son intelligence : on passe ainsi par toutes sortes d'ambiances et de sentiments, les parties s'imbriquant intelligemment, entre fureur et puissance et moment de déprime. Les accords de Dagon imposent toute la lourdeur d'INQUISITION, reconnaissable entre tous... Dès lors, les tubes s'enchaînent : l'irréel et exhalant le souffre « Those of the Night », qui démontre également une bonne partie de l'influence Heavyesque du combo. Le morbide et hypnotique « The Initiation » qui nous plonge dans les affres infernaux... On y notera l'apport de guitare folk, de façon surprenante, mais parfaitement bien sentie et donnant du cachet à cette Initiation. Dagon a vraiment l'art et la manière de nous emmener aux Enfers, sachant ouvrir les portes de l'esprit qui mènent au désespoir et à l'horreur les plus touchantes qui soient... On continue avec le catchy « Empire of the Luciferian Race », où le côté Thrash du duo ressort de plus belle, sans pour autant perdre de vue que le Black Metal doit nous plonger dans quelque chose de plus malsain. Le très Immortalesque « Summoned by Ancient Wizards Under a Black Moon » (qui n'aurait pas dépareillé sur « Damned in Black ») suit la cadence et met le feu au pit avec brio. « Journey to Infernukeorreka » fait lui aussi brandir le poing et dévisser la tête pour une séance de défouloir garantie ! Vient le titanesque titre éponyme, instrumental, qui impose un mur de guitare (ah ces riffs de Satan !) et où Incubus met toute sa patate pour nous faire adhérer au Culte sans retenue : du délire ! Elle me fait penser à la meilleure période de SODOM cette piste. La tortueuse « Mighty Wargod of the Templars (Hail Baphomet) » est quant à elle une track martiale et assez dérangeante : la bile qu'y injecte Dagon est répandue pour que l'on ne puisse échapper à la contamination... « Solitary Death in the Nocturnal Woodlands », neuvième chapitre de l'album, est un autre hymne incontournable d'INQUISITION : lourd, morbide à souhait, empli de douleurs et de frustrations, il a le don de me foutre la déprime à chaque écoute. J'ai le sentiment de traverser la Vallée de la Mort ou de monter dans la barque de Charon... Extraordinaire. A se loger une balle dans le crâne. Enfin, « Hail the Cult » est un monologue de Dagon sur lequel se pose en fond sa guitare déchirante – un joyau qui me donne des frissons à chaque écoute...

Si vous cherchiez du neuf – bien que cet opus ait déjà dix ans – une formation avec une véritable âme et qui vous happera dans son univers dédié au Malin, aux Anciens, aux rites secrets, alors INQUISITION est fait pour vous. « Into the Infernal Regions of the Ancient Cult » fut la première étape de la conquête de ces Colombiens. Cette galette rassemble le meilleur des dix premières années du combo : indispensable ! Hail the Cult !

http://www.myspace.com/inquisitionusa
http://www.inquisition666.tk/
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# Posté le samedi 02 août 2008 05:36

NIME_038_MANIAC BUTCHER_Lukan-Antikrist

http://metal.nightfall.fr/index.php?idchoix=6652

Par ONCLEGUUD le 17 Juin 2008

Second chapitre pour MANIAC BUTCHER !
Après le formidable « Barbarians » sorti en 1995 chez Pussy God Records, « The King of Czech Black Metal » nous revient l'année d'après avec un formidable « Lucan-Antikrist », qui a des sonorités qui ne peuvent m'empêcher de penser que ces garçons ont bien mérité leur titre auto-proclamé... Toujours sur le même label, les gars du bled paumé qu'est Zatec expulsent de leurs entrailles ce nouvel album assez rapidement en fin de compte, conscient que le premier missile a fait son effet et que les maniacs de l'underground ont faim de chair fraiche. Ils ne seront pas déçus. Les Tchèques avaient bien prévu leur truc. Ils nous ont encore une fois accouché de six pistes (pour trente-huit minutes... plus deux bonus-tracks) mais ils les ont ciselés, comme sur l'opus précédent. Pas de quoi avoir peur donc. Toutefois, dès le premier titre, je ne peux m'empêcher de penser tant à JUDAS ISCARIOT, qu'à la scène française, dont un sacré paquet de riffs pourraient être inspirés du Boucher Maniaque. Peut-être les liens entre ce groupe et les Légions Noires par exemple étaient-ils forts ? Je n'en sais rien. Néanmoins je pense vraiment que les Gaulois ont dû aller piocher quelques bonnes idées chez ces villageois tchèques. Si ce n'était la voix déchirée de corbeau de Barbarud Hrom hurlant en Tchèque, je croirais entendre un groupe Français jouer (NEHËMAH ou SEIGNEUR VOLAND), ou encore J.I, ou encore un certain DARKTHRONE. Attention ! Comme je l'ai dis dans ma chronique de « Barbarians », ne vous méprenez pas : MANIAC BUTCHER a de la personnalité. C'est aussi ça qui a fait son succès et son estime...

Hormis l'ignoble pochette de « Lucan-Antikrist », qui concourt dans la catégorie de la plus laide, quoi de neuf dans cette nouvelle release ? Un départ tout d'abord, celui de Jord qui tenait la basse et une guitare, remplacé par un certain Lord Unclean. Ensuite, un son un peu plus ténébreux, sans perdre en qualité, ni en puissance. Quant aux pistes, elles restent dans la lignée du premier effort des Tchèques – on ne sera pas déçu, ni surpris. Cette intégrité les caractérisera et les marginalisera. MANIAC BUTCHER n'aura jamais voulu faire autre chose que du Blokk Mhetol à la MANIAC BUTCHER et aura érigé... comme JUDAS ISCARIOT, l'intégrité et l'honneur en gages de qualité du Black Metal. Tous deux splitteront d'ailleurs en décidant que ce mouvement musical n'était plus ce qu'il était, dix ans ou presque après leur naissance.

Nous voilà ainsi servis de six pièces d'exception, pleine de douleur, de rancoeur et de noirceur. Les accords des guitares, fondus, exploitent le spectre en entier des sentiments tristes et de la dépression, tandis que batterie et vocaux martèlent, assènent et infligent par contraste. La Vallée des Morts, les Sept Enfers vous sont ouverts. Avec pureté, efficacité et force, les Maîtres Tchèques fabriquent dans leurs forges d'airain un Black Metal de guerriers, de poètes des Ténèbres qu'ils tissent de leurs souffrances, de leurs plaintes soutirées à leurs armes, à leurs instruments...

Ainsi « Treachery », première station du Blasphème : s'ouvrant sur un choeur de moines que vient fracasser la fureur satanique du groupe, la piste connait des moments de violence (et ses intenses moments épiques et guerriers) et de calme, comme savent si bien les maîtriser le quatuor du centre de l'Europe. S'ensuit « Midnight Empire », une piste où j'ai la sensation que NEHËMAH semble tout pomper aux Tchèques : les riffs déployés, les ambiances occultes et l'atmosphère épaisse qui se dégage du titre sont mes arguments pour étayer ma pensée. C'est « Lucans » qui prend la troisième place. Il reprend la suite de la précédente, à savoir par le blast-beat. Ici MANIAC BUTCHER nous agresse pour mieux nous précipiter dans nos rêves aux Enfers, tel Lucifer-Chutant-Du-Ciel. « Castle of Saaz » met elle l'accent sur la déprime, se montrant plus pesante, plus collante, en mid-tempo. Au break, le titre prend une rythmique plus catchy et s'envole petit à petit, hypnotique - en fait, un peu lourdingue... « The Last Battle » poursuit la marche funèbre d'une manière plus violente avant de se calmer et de nous faire respirer, notamment lors du solo, les exhalations morbides des tombeaux de leurs ancêtres. Enfin, « The Judgement Day » clôt la marche officielle de l'oeuvre en offrant un visage des plus sombres qui soient, où le pire s'annonce à l'horizon pour nos vies misérables. Apocalyptique, donc un régal ! S'adjoignent à cette dernière piste deux titres « cachés » plus dispensables : un live inaudible de la piste « Barbarians » du précédent ouvrage, capté en 1995; et une reprise d'un autre groupe plus culte encore, pratiquant un mix de Black, de Thrash-Death et d'un peu de tout, finissant alors sa carrière, Tchèque lui aussi : MASTER'S HAMMER et son titre « Hell's Abyss », auquel MANIAC BUTCHER rend fort bien hommage.

Sans être aussi bon que le premier, « Barbarians », et parce que je chipote, « Lucan-Antikrist » poursuit quand même dans la lignée de l'aîné, fidèle à la griffe si particulière de ses géniteurs. Black Metal jusqu'au bout des ongles dans l'inspiration et l'attitude, MANIAC BUTCHER pourra séduire les ignorants et les curieux en se targuant de posséder une production de qualité et des compositions, une inspiration, dignes des plus grandes légendes du genre...
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# Posté le samedi 02 août 2008 05:33

NIME_037_SUPPLICIUM_Atrae Poenae E.P

http://metal.nightfall.fr/index.php?idchoix=6729

Par ONCLEGUUD le 15 Juin 2008

On le sait, tous les jours, le Suédois WATAIN fait des petits un peu partout dans le monde. Même si je suis tenté de dire que nos Frenchies de SUPPLICIUM ont leur personnalité, il faut quand même appeler un chat un chat et y voir une certaine parenté. Peut-être ai-je raison, peut-être ai-je tort, car ces mecs s'en battent certainement les roustons sur la table en s'esclaffant, néanmoins tout y concourt : une voix similaire à celle du leader scandinave, une production écrasante, un couple guitare/basse vicieux et une batterie qui charcute bien comme il le faut. Certes, le vocaliste de SUPPLICIUM parle également dans une interview facilement trouvable sur le net des scènes suédoises, finlandaises et françaises comme influences, si vous devez chercher un son proche du leur, pensez WATAIN. En tous cas Atrae Poenae ("les noirs châtiments") mérite qu'on écoute.

Déjà, SUPPLICIUM m'avait tapé dans l'oreille avec sa démo Black Punishment and Apocalypse, accouchée en 2006. On savait d'entrée où ces garçons, montant en puissance et gonflés d'ambition, désirant nous la mettre profond sans concession possible, voulaient aller. Et ils ont décidé d'y aller calmement, avec soin. Plutôt que de nous chier un album à la suite de la démo comme tout le monde, non, notre trio des Alpes met au monde ce mini-cd à l'étrange nom : Atrae Poenae. Composé de trois titres, ce bel objet de vingt-trois minutes est produit par l'excellent label Satanic Propaganda Records (http://www.satanicpropaganda.cjb.net/), qui se veut être une vitrine pour les blackheads satanistes et qui connait la bonne musique. Bon : même si on pourra reprocher que SUPPLICIUM, consciemment ou pas, fabrique un Black Metal à l'image de la vague « Satanic Orthodox », force est de reconnaître que nos lascars s'en sortent vachement bien. Ils sont dans un courant musical, mais ils le font bien reconnaissons-leur.

Atrae Poenae s'ouvre sur une première piste qui met de suite les points sur les i. Virgin's Pure Blood est l'hymne guerrier de cet E.P, qui impressionne fortement les oreilles par sa puissance – attention les oreilles mes amis. Les Grenoblois de SUPPLICIUM ne sont pas là pour rigoler. Violer votre esprit, votre âme est leur seul désir. Un passage lourd entre deux intenses, voilà la recette de cette track qui démembre. Diaboli Cultus est le second morceau, si vous avez bien compté. Il est long, plus de douze minutes. Il est ainsi plus axé sur l'ambiance et cela fonctionne bien : l'on est hypnotisé par celui-ci. Cette ambiance se révèle d'abord funèbre et nécrotique, fallait s'en douter, avant de montrer une petite facette plus catchy avant de retomber vite fait sur un blast : puis le lourd et processionnaire reprend. Le schéma se répète plus ou moins, on ne s'emmerde donc pas et les ambiances se succèdent... Jusqu'à sa toute fin, faite de cris spectraux, d'un sample de bûcher et d'accords de guitare... Vraiment (très) bonne cette piste. L'opus se termine déjà, avec Saltatio Mortis (Macabre Ritual), une plage où SUPPLICIUM revient à son Black Metal dévastateur et sulfurique... mais typique du sous-genre dans lequel la formation évolue. Elle est néanmoins bonne.

Voici donc un mini-cd qui ravira les amateurs d'un Black Metal puissant et exigeant, typé Satanic Orthodox, sachant aussi poser des ambiances morbides. Mais n'y cherchez pas une quelconque originalité. Toutefois, SUPPLICIUM tape du poing sur la table : il faudra désormais compter avec eux pour lever fort haut la flamme satanique française.

3,5/5
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# Posté le samedi 02 août 2008 05:30

NIME_036_KAOSRITUAL_Svøpt Morgenrød

http://metal.nightfall.fr/index.php?idchoix=6641

Par ONCLEGUUD le 11 Juin 2008

Première production pour le jeune label underground Blood Chalice, « Svøpt Morgenrød » de Kaosritual sorti en 2007 n'est rien de moins qu'une release de haute volée méritant toute l'attention des maniacs du Black Metal underground, mais pas n'importe lesquels – ce qui réduit déjà le spectre des auditeurs. Et c'est tant mieux : le Black Metal est une affaire d'initiés des ombres. Car « Svøpt Morgenrød », bébé maléfique d'un trio originaire de Norvège (Trondheim pour être précis), vaut largement le détour. C'est tout d'abord sa pochette qui m'a attiré : l'on voit une sorte de démon au milieu de tombeaux, dans un environnement sacrément diabolique, image qui réveille en moi certaines horreurs lues durant mon adolescence et qui ont certainement traumatisé mon esprit psychoïde. Ensuite, le fait que je ne connaisse pas cette formation, avec un nom si alléchant, m'a enjoint à poursuivre la découverte de l'opus. Enfin, que ça vienne de Norvège, pays qui n'étonne plus beaucoup en la matière, a fini de m'aiguiller.

En terme purement musical, Kaosritual s'approche des premiers opus des autres Norvégiens adulés que sont Darkthrone, mais on pensera aussi à l'écoute à Tsjuder et Carpathian Forest par exemple, ou encore aux Danois de Blodfest (qui, si vous ne connaissez pas ce groupe, doit rapidement prendre place dans vos tours et étagères à disques), ou bien à quelques uns des bijoux que produisirent en leur temps les fameuses Black Legions. Car ici, le Black Metal à la production quelque peu étouffée et charbonneuse de « Svøpt Morgenrød » (comprenez : sale et malsaine à souhait), n'est pas fait pour toutes les oreilles. Son ultime but est de vous corrompre, de salir votre âme surdimensionnée, de vous bouleverser ou du moins, de vous pétrifier durant la demi-heure que dure le full-lenght (un peu trop court). Si techniquement, Kaosritual plonge ses racines dans le vieux Black Metal norvégien, mêlant parties Black/Thrash et « True Black » (comme je déteste cette étiquette...), en n'inventant pas grand chose mais s'inscrivant avec mérite dans la tradition – il le fait bien, sans copier, sans que les influences ne se ressentent de trop – il n'empêche que dans les atmopshères déployées, c'est tout à fait autre chose et c'est ce qu'il faut venir chercher en se laissant happer par la majestuosité de l'Oeuvre. Car comme je l'ai dis, vous subvertir est l' objectif tout désigné de Kaosritual. Les ambiances sont poisseuses et fiévreuses, sacrément occultes. On se sent aggripé par les épaules, plongeant tout droit dans ces tombeaux ouverts au néant... La Crasse, la Haine, les Ténèbres, l'Horreur se retrouvent ici personnifiées. C'est notamment la piste éponyme, avec son passage en pesanteur morbide, qui nous plongera de son mieux dans cet univers maléfique, hypnotisant, occulte, quoique la dernière plus « rituelle » est assez magique (rappelant beaucoup la dernière piste du culte « Under a Funeral Moon » - ce qui est à mon sens, LE meilleur full-lenght de Black Metal de tous les temps et LA référence en la matière)...

"KAOSRITUAL serves as the manifestation of our True Will and as a means to celebrate Satan and to shine the glory of Death!" lit-on sur le site du label... de Trondheim. « Svøpt Morgenrød » n'est pas un opus facile à l'écoute. Seules les oreilles les plus aguerries aux productions caverneuses et les âmes plus sensibles aux ambiances mortifères qu'à la technique goûteront au nectar... Fabuleux. Un très très bon ouvrage.
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# Posté le samedi 02 août 2008 05:28

NIME_035_CELESTIAL BLOODSHED_Cursed, Scarred and Forever Possessed

http://metal.nightfall.fr/index.php?idchoix=6711

Par ONCLEGUUD le 07 Juin 2008

CELESTIAL BLOODSHED est un autre projet du cerveau derrière KAOSRITUAL, dont le premier et excellent opus intitulé Svopt Morgenrod est sorti il y a quelques mois. N'ayant pas assez d'une formation pour s'exprimer, notre gaillard en question, le Norvégien Steingrim Torson en a créé ou s'en est trouvé d'autres depuis l'année 2000, An 1 de l'implication musicale du Scandinave dans la scène Black Metal underground de son coin (son ptit coin, c'est Trondheim). Cette année-là fut donc celle de CELESTIAL BLOODSHED, première entité du garçon aux cheveux longs. C'est ainsi qu'il a, avec quelques autres rudes arrière-arrière-petits vikings, produit deux démos et un E.P (en 2006) avant de se faire prendre sous l'aile du renifleur de talents français, j'ai nommé Debemur Morti Productions, label qui a rapidement pris une ampleur remarquable en France et dans le monde depuis le début de cette décennie... En conséquence de quoi, les moyens de contraception n'ayant pas prouvé leur efficacité, il en a résulté ce premier bébé au doux nom de Cursed, Scarred and Forever Possessed, manifeste de Black Metal brutal, sans concession. Le rejeton en plastique noir (la galette l'est vraiment) présente un nombre moyen de titres, sept, pour une longueur d'environ trente-quatre minutes, c'est-à-dire qu'il est d'une taille moyenne pour du Black Metal : normal, ce chiard est moyen.

Car au contraire de ce que ces Norvégiens ont démontré dans le superbe premier full-lenght avec KAOSRITUAL, le résultat de la fécondation pour CELESTIAL BLOODSHED est moins convaincant. S'inscrivant dans une nette lignée allant de TSJUDER – cela s'entend fortement – aux groupes les plus brutaux du Royaume de Norvège, en passant par les Dieux vivants que sont DARKTHRONE, C.B ne parvient pas à se hisser à leur niveau, à défaut de proposer du neuf. Certes, il y a une certaine recherche, je veux dire par là que l'exigence norvégienne qui a fait leur réputation se ressent dans Cursed, Scarred and Forever Possessed. Ce n'est pas mauvais: mais c'est sans personnalité. Et écouter des groupes sans personnalité, une fois oui, deux fois non. Or je passe mon temps à écouter des musiques violentes, je ne veux pas me saouler, donc... Donc, seul le lourd, maléfique et macabre « All Praise to Thee » fait peser de tout son poids sur l'esprit: bien maigre pour une release de ce format-là non ? Une piste pour nous foutre mal à l'aise (et elle le fait vraiment), c'est trop peu. Ok, c'est bien composé et exécuté, mais le disque prendra la poussière chez moi. Peut-être est-ce dû au fait que le Sieur Torson ne fait qu'y pousser ses cris démoniaques, sans y apporter de contributions cord-iales, que ce CELESTIAL BLOODSHED est moins bon que le Svopt Morgenrod de KAOSRITUAL ?

Ce que je sais, c'est que ce skeud plaira, mais pas aux trop exigeants dans mon style, en la matière. Il a ses qualités. Seulement, le manque de maturité de sa personnalité est pour moi une pierre d'achoppement difficilement acceptable.
http://home.no/mittrike/
http://www.debemur-morti.com/default.php
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# Posté le samedi 02 août 2008 05:26